Historique

Le Centre communautaire Petite-Côte a évolué au même rythme que le quartier Rosemont. Entre 1949 et 1965, le développement était grandement influencé par l’effervescence existante aux Ateliers Angus appartenant au Canadien Pacifique et, en corollaire, par la venue d’ouvriers d’origines polonaise et ukrainienne qui s’installèrent à l’est de l’Avenue Saint-Michel et qui optèrent pour la langue anglaise. Rappelons que, pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Ateliers Angus employaient plus de 12 000 personnes et qu’au milieu des années cinquante, ce sont 8 000 ouvriers qui habitaient à proximité des usines.

À l’est de l’Avenue Saint-Michel, l’accroissement du nombre de jeunes amena les décideurs à aborder la question des loisirs. En janvier 1949, grâce aux actions menées par le Club Rotary et, par la suite, le Club Kinsmen, on ouvre officiellement le Rosemount Boys Club en présence du gouverneur général Lord Alexander et du président honoraire J.W. McConnell. On offre aux jeunes des cours de boxe et de tir. Ils ont également accès à une salle de billard et à un gymnase où des projections de films sont organisées.

De 1965 à 1976, la réalité de la communauté se transforme. Dès 1960, le Canadien Pacifique commence à réduire ses activités aux Ateliers Angus et les effectifs vont aller en diminuant jusqu’à la fermeture définitive du complexe industriel en 1992.

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La majorité des jeunes du Boys Club sont désormais francophones et les filles sont admises à quelques unes des activités offertes. Une restructuration avec de nouvelles orientations devient nécessaire afin de mieux répondre aux besoins des jeunes du quartier.

En 1979, des membres de la communauté reprennent le flambeau pour relancer le centre. En 1980, le centre communautaire jeunesse Club des garçons et filles de Rosemont ouvre ses portes grâce à un budget de fonctionnement de 150 000 $ issu de trois principaux bailleurs de fonds : Centraide, la Fondation de la famille McConnell et le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

La communauté de classe ouvrière accuse difficilement le choc de la fermeture d’Angus et ses besoins dépassent les loisirs. À cette époque, 37% de la population gagne moins de 15 000 $. C’est ainsi qu’en 1981, on élargit la mission de l’organisme pour englober le communautaire et on adopte un nouveau nom : le Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens. Celui-ci met alors en place ses principaux secteurs d’intervention : Jeunes familles, Six-douze ans et Ados. Le secteur Jeunes familles prend son envol à la demande des jeunes mères du quartier qui ont fréquenté l’organisme au cours des années soixante-dix. Leur prise en charge mène au démarrage de trois corporations autonomes qui existent encore aujourd’hui : le Parc d’hiver, la Joujouthèque et Nidami (organisation de sorties et camps familiaux).

En 1984, à la demande d’anciens jeunes du Boys Club, on met sur pied un secteur 18-30 ans. Compte tenu de la grave crise économique, les jeunes éprouvent des difficultés et souhaitent qu’on leur vienne en aide. On crée le service de références 1000 et 1 Usages. En 1985, L’Appartement supervisé répondra à des besoins de logement temporaire favorisant l’autonomie de ses utilisateurs.

Le Carrefour communautaire s’est constamment adapté à la réalité du quartier. C’est ainsi qu’en 1990, une maison de jeunes, toujours en activité, Le Bunker, a été mise sur pied en partenariat avec la Ville (Jeunesse 2000). Depuis, des activités se sont ajoutées, transformées ou ont tout bonnement cessées selont les besoins. Ainsi, le Carrefour remplit sa mission d’accompagner les familles et la communauté du quartier dans leur prise en charge pour améliorer leurs conditions de vie.

En 2018, au terme d’une planification stratégique, les membres décident de rebaptiser leur organisme.  Du nom commun donné au chemin Côte-de-la-visitation, aujourd’hui une partie des rues Des Carrières et Rosemont et du nom du village avant de devenir Rosemont, le Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens devient le Centre communautaire Petite-Côte.